ABDELLATIF LAÂBI ET SON ARBRE À POÈMES

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Le 17 octobre 2017, de 12h40 à 13h30 aux Musées royaux des Beaux-Arts, Petit Auditorium.17  

ABDELLATIF LAÂBI ET SON ARBRE À POÈMES

Avec ABDELLATIF LAÂBI, poète, écrivain et traducteur marocain.

Entretien par SORAYA AMRANI, directrice de La Charge du Rhinocéros.

Avec le soutien de l’Alliance française, Bozar et Transpoésie.

« Je suis l’arbre à poèmes. On a bien essayé sur moi des manipulations, qui n’ont rien donné. Je suis réfractaire, maître de mes mutations. Je ne m’émeus pas à de simples changements de saison, d’époque. Les fruits que je donne ne sont jamais les mêmes. J’y mets tantôt du nectar, tantôt du fiel. Et quand je vois de loin un prédateur, je les truffe d’épines.

Parfois je me dis: Suis-je réellement un arbre? Et j’ai peur de me mettre à marcher, parler le triste langage de l’espèce menteuse, m’emparer d’une hache et m’abattre sur le tronc du plus faible de mes voisins. Alors je m’accroche de toutes mes forces à mes racines. Dans leurs veines infinies je remonte le cours de la parole jusqu’au cri primordial. Je défais l’écheveau des langues. J’attrape le bout du fil et je tire pour libérer la musique et la lumière. L’image se rend à moi. J’en fais les bourgeons qui me plaisent et donne rendez-vous aux fleurs. Tout cela nuitamment, avec la complicité des étoiles et des rares oiseaux qui ont choisi la liberté. 

Je suis l’arbre à poèmes. Je me ris de l’éphémère et de l’éternel. 

Je suis vivant. »

ABDELLATIF LAÂBI

Abdellatif Laâbi est né en 1942, à Fès. Son opposition intellectuelle au régime lui vaut d’être emprisonné pendant huit ans. Libéré en 1980, il s’exile en France en 1985. Depuis, il vit (le Maroc au cœur) en banlieue parisienne. Son vécu est la source première d’une œuvre plurielle (poésie, roman, théâtre, essai) sise au confluent des cultures, ancrée dans un humanisme de combat, pétrie d’humour et de tendresse. Il a obtenu le prix Goncourt de la poésie en 2009 et le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française en 2011.

Parmi ses œuvres, publiées en majeure partie aux Editions de la Différence : L’Œil et la nuit (2003), Le Chemin des ordalies (2003), Chroniques de la citadelle d’exil (2005), Les Rides du lion (2007), Le Livre imprévu (2010), pour les romans ; pour la poésie : Le soleil se meurt (1992), L’Etreinte du monde (1993), Le Spleen de Casablanca (1996), Les Fruits du corps (2003), Tribulations d’un rêveur attitré (2008), Œuvre poétique I et II (2006 ; 2010). Par ailleurs, les éditions Gallimard ont publié son roman Le Fond de la jarre (2002 ; collection Folio 2010).

Ses œuvres sont traduites en plusieurs langues, dont l’arabe, l’espagnol, l’anglais, l’allemand et le turc. Il a par ailleurs traduit en français les œuvres de plusieurs poètes et écrivains de langue arabe (Mahmoud Darwich, Abdelwahab al-Bayati, Samih al-Qassim, Mohamed al-Maghout, Ghassan Kanafani…)

SORAYA AMRANI

 De formation théâtrale Soraya Amrani a d’abord officié comme comédienne avant de prendre en charge au Brocoli Théâtre des ateliers qui lui ont permis de toucher à l’écriture et la mise en scène. Depuis Janvier 2017, elle est à la tête de la Charge du Rhinocéros, structure de production/diffusion théâtrale & Coopération culturelle. Durant des années parallèlement à son activité au Théâtre, elle a travaillé comme journaliste culturelle sur Arte Belgique et sur la Première (Radio).