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Des questions ? | Juglair
15h15- 16h : visite libre de l'accrochage ArtxGender
16h-16h15 : seconde performance par Sandrine Juglair
10€ : tarif plein
8€ : Amis des Musées
3€ : étudiants -26 ans
Ticket Artcile 27 : 1,25€
L’inscription aux activités donne un accès gratuit aux collections permanentes et la salle 66.
Des questions ? | Juglair
L’image et la mise en scène des corps dans notre société répondent peut-être davantage à l’angoisse de devoir appartenir à un groupe qu’à la quête d’une «vérité» commune. ArtxGender met en lumière les injonctions et les multiples formes de représentation du corps genré dans l’art muséal, d’hier comme d’aujourd’hui. C’est donc avec ce corps vivant que Sandrine Juglair souhaite jouer pour troubler l’image de nos représentations genrées, révéler l’entre-deux, sublimer les frontières et bousculer nos constructions collectives du corps. C’est un appel à la liberté d’être, et à la joie que procure la perte de repères. Deux performances de 15 minutes à 15h et 16h. En co-production avec les Musées royaux des beaux arts de Belgique.
Lieu Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), Salle 66, Rue de la Régence 3, 1000 Bruxelles Tarifs L'achat du billet donne accès aux deux performances de 15 minutes, de 15h et 16h.
L'achat du billet donne également un accès gratuit aux collections permanentes et la salle 66. Informations pratiques reservation@fine-arts-museum.be
T + 32(0)2 508 33 33
mardi - vendredi : de 09:00 à 12:00
15h15- 16h : visite libre de l'accrochage ArtxGender
16h-16h15 : seconde performance par Sandrine Juglair
Avant de mettre définitivement pied à terre, Christine Van Acker a grandi sur une péniche, comme la plupart des membres de sa famille, depuis le XVIIIe siècle. Cette batellerie artisanale a quasiment disparu. Au fil du temps, elle est devenue l’une des dépositaires de la mémoire de ce peuple mal connu par les «gens d’à terre». Par cette lecture-documentée, l’autrice nous emmène à bord, accompagnée du visionnage de photos d’archives, d’extraits de films, ainsi que de l’écoute de documents sonores enregistrés dans les années 80-90.
Entre poésie et peinture, l’art d’Adelheid Duvanel transformait une souffrance profonde en mondes aux couleurs vives et aux formes brutes. L’atelier d’écriture sera nourri des fulgurances d’Adelheid. Nous visionnerons plusieurs tableaux de l’artiste, et écrirons avec des images imprimées dans la rétine.
Infos pratiques Une réservation pour cet atelier donne également accès au midi poésie Des voix et des lieux, le même jour à 12h40, aux Musées royaux des beaux arts de Belgique. Durée 2 heures
Nous traverserons, en lisant, en discutant, les histoires de l’écrivaine suisse Adelheid Duvanel (1936-1996). Chacune d’entre elles est un court moment, et chacune se présente en agissant comme un tout. Les voix qui les composent sont ancrées dans de petits lieux, ce sont des situations qui portent d’un bloc toute l’expression de leur rareté, de leur singularité. En 2018, deux recueils ont été publiés par Vies Parallèles, et depuis 2023, ses textes sont en cours de publication par les éditions Corti, ils sont traduits par Catherine Fagnot. Avec Eléonore de Duve & Adrien Lafille
Infos pratiques Avant l’événement : à 9h30 le même jour, les Midis poésie proposent l’atelier d’écriture «Écrire avec Adelheid Duvanel», en lien avec le midi poésie. Avec Mélanie Godin et Siméon MB.
Performance slam et papote avec les élèves à destination des scolaires. Marie Darah dévoile, au travers d’un style d’écriture à la fois sensible, ciselé et acéré, les violences et oppressions systémiques envers les minorités. Ses thématiques tracent des liens entre son histoire personnelle et les dysfonctionnements d’une société binaire, capitaliste, post-colonialiste et patriarcale. Le slam, cette poésie racontée, iel se l’est approprié·e pour en faire son défouloir, son moyen d’expression, sa pièce de théâtre personnelle. Un événement alliant performance slam et discussion avec les élèves à partir des thèmes évoqués.
Infos pratiques Réservations par mail auprès de Siméon Martinel Buellet : simeon.martinel@midisdelapoesie.be Maison poème, 30 rue d'Écosse, 1060 Saint-Gilles Durée 1h30
Poésie & science-fiction : Ecrire les mondes de demain Ateliers de poésie gratuits de mars à mai 2026 Dans les écoles de Fédération Wallonie-Bruxelles La langue française en fête est un programme proposant chaque année de mettre à l’honneur dix mots issus de la langue française. Il s’agit de se réapproprier le langage, le redécouvrir et enfin le promouvoir dans sa diversité.
Au programme
Êtes-vous prêt·e·s à inventer d’autres possibles et mondes à venir ? L’exploration des futurs et des imaginaires seront les thèmes des ateliers du printemps. Dystopique, anticipation et humanoïde sont les mots choisis comme points de départ.
Il sera question de découvrir la poésie et la science-fiction et de s’essayer à ces genres grâce entre autres aux auteur·ice·s Héloïse Brézillon, Celine Cerny & Line Marquis.
Nous vous proposons deux modules différents en fonction des classes et des niveaux :
- Atelier «dystopique» : conseillé pour les 1ères, 2èmes et 3èmes secondaires (développement de l’UAA 5) ; lecture d’un corpus de poèmes, discussions et élaboration d’un poème de science-fiction en imaginant une nouvelle technologie et/ou robot. - Atelier «humanoïde» : conseillé pour les 4èmes, 5èmes et 6èmes secondaires (développement des UAA 5 & 6) ; lecture d’un corpus de textes, discussions et écriture autour de notre planète à venir, ébauche d’une cartographie et de récits d’anticipation. Ateliers animés par Milena Lanzmann Sillonnant entre théâtre, photographie et écriture, Milena Lanzmann travaille sur le passage du temps et l’archivage des traces du quotidien. Elle anime des ateliers d’écriture de poésie avec des adolescent·e·s. Avec l’illustratrice Elsa Dupont, elle écrit un recueil de poésie, traversant quatre saisons et ce qui résonne en elles. Depuis plus d’un an, elle documente en textes et images, la recherche de son père et de son perroquet, perdus il y a 20 ans. Comment s’inscrire ? Contactez-nous en précisant les classes concernées (nombre, niveau, section, discipline enseignée) et les disponibilités : simeon.martinel@midisdelapoesie.be
Image © Jérémie Moreau
Ateliers d'écriture en binôme à Atoll Sud à Forest. Un projet gratuit et au long cours. A partir de février 2026 et jusqu'à janvier 2027 (et au-delà) - Possibilité de venir découvrir pour commencer. Les Midis poésie sont à la recherche de personnes écrivantes, qui souhaitent rejoindre une démarche de coécriture et de recherche au long cours. Nous vous proposons de créer des binômes d’écriture, dans un cadre collectif, entre des participant·es de + de 60 ans, à la maison Atoll Sud et vous.
Atoll Sud est un service d’accueil de jour de personnes de + de 60 ans qui souhaitent rompre l’isolement et qui ont besoin d’aide pour les tâches du quotidien, pour se sentir bien ou pour se souvenir. Atoll a le rôle de faire le lien entre les bénéficiaires, leur domicile et leur réseau social. Tout y est « comme à la maison », des meubles aux assiettes et verres dépareillés. D’une certaine manière, on essaye aussi de faire comme à la maison. On se sert le café, on met la table, on prépare le goûter… l’équipe met la main à la pâte. Plus d’informations ici. "Aie un livre avec toi
Pour échapper à la solitude
Et évade-toi le plus loin possible
Le livre est un ami qui ne te décevra pas. » Hinda, une participante d’Atoll Sud. Pendant ces ateliers, vous serez invité·es à : - Ecrire à partir de consignes variées, motivées par les humeurs du moment, mais aussi les différents textes découverts collectivement. - Partager votre propre bibliothèque pour découvrir et faire découvrir de nouveaux textes - Tisser une relation de lien grâce à la coécriture en binômes avec des personnes qui peuvent douter de leurs capacités, et avec des besoins spécifiques en termes d’accompagnement, de mémoire, de concentration ou de compréhension. Ces ateliers pourront être nourris par la réalisation de fanzines, la préparation de lectures performées, la participation à des émissions radios, … Faire poésie, ce sont des ateliers innovants et collectifs toute l’année, pour tous les âges, à travers la transmission d’outils artistiques et collaboratifs. Divisé en cycles thématiques permettant de multiplier les connexions, le projet permet la pratique artistique, avec des personnes que vous n’auriez pas rencontrées par ailleurs. Plus d’informations ici. Si pour vous aussi, l’écriture est une histoire de liens avant tout, vous êtes les bienvenu·es pour des ateliers de découverte en février 2026.
Informations pratiques Gratuit, uniquement sur inscription : contactez Siméon Martinel Buellet par à simeon.martinel@midisdelapoesie.be ou par téléphone au 02 503 02 18. Ateliers les lundis après-midi. De février 2026 à janvier 2027 (et au-delà). Possibilité de venir découvrir pour commencer. Séances découverte : - Lundi 2 février 2026 de 14h à 16h - Lundi 9 février 2026 de 14h à 16h - Lundi 23 février 2026 de 14h à 16h. Lieu : Atoll Sud, Rue Marconi, 157 – 1190 Forest Une fois l'inscription effectuée, vous serez contacté·e avec le détail de l'organisation des premiers ateliers. Pour toute question, contactez Siméon Martinel Buellet à simeon.martinel@midisdelapoesie.be ou par téléphone au 02 503 02 18.
Du 20 au 24 octobre 2025, à la Maison poème, Lénaïc Brulé et Aliénor Debrocq invitent dix participant·es à écrire autour des territoires intimes du corps et de l’esprit.
Au fil de propositions, le groupe part à la découverte de ses voix intérieures, pour écrire l’intime avec liberté, audace et impertinence.
Les après-midis seront consacrés à la prise de parole et la mise en voix des textes produits.
L’atelier se clôture par un moment d’échange ouvert au public, le vendredi 24 octobre à 18h, autour d’une lecture collective. Pour réserver, rendez-vous sur la page de l'événement : https://midispoesie.be/nos-evenements/programmation/sortie-d-ateliers-ecritures-de-l-intime-collectif-sanguin-asbl Pour en savoir plus sur le collectif et sur le Groupe Sanguin, rendez-vous ici. Crédit visuel : © Alborz Teymoorzadeh
En décembre 2024, le projet « Tisser son histoire » a donné lieu à 6 ateliers animés par l’artiste et animatrice Léa Brami. Autour des techniques de l'écriture, de la broderie, et du patchwork, on propose de faire lien ensemble pour fabriquer des talismans et célébrer nos récits personnels.
Les ateliers « Tisser son histoire » entendent ouvrir un espace autour du tissage poétique. Ils permettent des rencontres à la fois artistiques et humaines, de mettre en commun des savoir-faire spécifiques et des savoirs situés. Le tissage, à la fois lieu commun dans la littérature et dans plusieurs mythologies, est aussi considéré comme un vecteur de parole.
Raconter une histoire qui a marqué nos vies, l’écrire et la broder pour l’archiver. Cet atelier comprend plusieurs volets : un volet « écriture », autour du récit de vie et de la convocation de mots chargés de mémoire, un volet « tissage », axé sur la transmission de techniques et sur la matérialisation des écrits, et enfin un temps de retour d’expérience. A travers des cycles de deux ateliers, les participant·es ont d’abord convoqué des mots-mémoires qu’iels voudraient faire apparaître sur le textile. Puis iels ont fabriqué des talismans. Une manière de matérialiser la mémoire et les mots, à travers un procédé artistique et technique. Le travail du textile était aussi l’occasion d’échanger, de convoquer des souvenirs liés au vêtement, à l’artisanat… Ces ateliers reviennent en 2025 !
Les ateliers « Chants de lutte » sont des ateliers ponctuels répartis sur l’année : nous partons d’une consigne précise, porteuse d’un questionnement politique fort, autour de la lutte. À partir de différentes ressources poétiques et musicales, en y ajoutant les inspirations de chacun·es, les participant·es ont produit un hymne à la solidarité.
En septembre et octobre 2024, le projet “Chants de lutte” a donné lieu à 7 ateliers animés par l’auteur et animateur Marwane Lakhal, dans des classes de Français Langue Étrangère de la Maison des femmes de Molenbeek - Move ASBL et du Centre Tefo à Bruxelles. « Un fil de soi à toi, à elle, à lui, aux petits, aux petites, aux anciens et aux anciennes. Un fil au nous, un fil au vous, au fil de nous tous ensemble. La solidarité est ce lien qui unit au sein des multiples cellules dans lesquelles nous nous inscrivons. Ce lien est parfois intangible : c'est le sentiment d'amour, la mémoire familiale, les représentations du devoir... Et ce lien est parfois matériel : ce plat cuisiné ensemble, nos cérémonies de joie partagées... La solidarité a un hymne que nous pourrons écrire ensemble. » — Marwane Lakhal. Les ateliers reviennent en 2025 et 2026 ! Chants de lutte, c’est aussi une pièce sonore de Marwane Lakhal, avec les membres du Centre Tefo à retrouver ici : https://on.soundcloud.com/s8RViE169GLihFPx8
Lire Olja Savičević, c’est entrer résolument dans son monde. Sauvagement, bien à toi est bien adressé à son lecteur. Il ne s’agit ni d’une poésie de la distance, ni d’une mise en vers de soi, mais bien d’une interpellation où le « je » de l’autrice dépasse l’expérience singulière pour créer un monde dans lequel se plonger. Dans ce recueil : la traductrice Chloé Billon, nous offre un texte à la rythmique impeccable. Un chant, une histoire qui se colportent de personne en personne. Sans être lyrique, cette poésie est narrative. À chaque page, quelque chose se raconte et emporte le destinataire. Tantôt c’est le fils, tantôt l’amant, la communauté et, in fine, moi, son lecteur qui, vers après vers, entre dans son univers. Un univers tremblant qui oscille entre une enfance merveilleuse issue d’une époque ensoleillée, faite de rires et d’amitiés et le temps de la guerre. J’y entends la voix de mes amis qui se disent encore « Yougos » dans la nostalgie d’un temps béni, d’un temps d’avant, d’un temps d’avant la guerre. Puis sur la queue ardente du même été J’ai rencontré un garçon Il chevauchait une vague Échangeons, m’a dit le garçon Je te donnerai ma vague marine Contre cette pastèque De l’eau salée contre l’eau sucrée Oh quelle erreur j’ai faite Ce monde est étrange, lointain, il semble issu d’un mythe. Il tient à la fois de la carte postale et des légendes qui se racontent durant les fêtes de famille : Je l’ai aimé à l’aveugle : Beau, pauvre, minuscule et fier Et jamais il ne m’appartiendrait – magnifique Puis de quelque part a surgi Toute une tribu Généalogie masculine Oncles généraux Et tantes partisanes Des éclats d’obus dans les genoux Le pépé mort de la photo, un pilote Ses quatre femmes Et cette arrière-grand-mère haïdouk Et dans ce monde, il y a toujours la présence de la nature, des fleurs, de la mer et du soleil. Le soleil chez Olja Savičević, c’est beaucoup plus qu’une étoile, la lumière ou la chaleur. Le soleil c’est l’horizon de son monde. Un signe concret du bonheur : Bien entendu la mer Et la promesse du soleil matinal D’une vie harmonieuse et insouciante Et puis, surgit la rupture, la découverte de la sexualité et de la guerre qui rompt le monde de l’enfance. Si la sexualité est ardente et souhaitée, elle ne semble jamais loin de la violence des hommes. Olja Savičević embrasse les garçons et maudit ceux qui « mettent la main à la chatte ». Cette rupture engendre une poésie féministe, genrée, engagée qui se révolte contre la violence des hommes : Elles reviennent À leurs hommes Même après qu’ils les ont laissés en plan Même après qu’ils leur ont collé une gifle Et ce sont des gens bien Des gens bien, en vrai Répétaient-elles Mais cette colère ne conduit pas au rejet. Elle porte plutôt un regard condescendant sur ces hommes qui paraissent bien piètres : Mais rien de particulier n’est arrivé à ces garçons Qui sont devenus nos pères Leurs dents n’ont jamais poussé, ils se sont juste mis à aboyer Les hommes qu’elle décrit sont soit des merdeux sans envergure soit des amants aimés qui ne sont guère à la hauteur de sa puissance ou de la guerre où ils sont balancés : Le pire c’était quand Le garçon que j’aimais Est arrivé à mon appartement sale et en pleurs En uniforme Nous avons fait l’amour avec les bombes À côté du lit Ces demi-échecs de l’amour sont en écho aux échecs de la guerre. Son courage n’est finalement pas d’un grand secours : Le pire c’était quand Les gens avec qui nous vivions Ont commencé à détourner la tête dans la rue C’est une petite ville Avec de grands principes De nombreux bonjours sont restés Perdus dans les airs à jamais Tout l’amour qu’elle voue à son pays ne lui laisse guère d’illusion sur ce qui a été en son pouvoir durant ces années : Le pire pendant la guerre c’était Quand devant les chambres d’hôpital J’attendais qu’ils disent le nom de mon père Le pire c’était De le voir dans cet état […] Cinq et un instant se changent en À jamais Ou encore : Même si nous nous sommes laissés pousser la barbe Avons lu beaucoup de livres Même si nous n’avons pas quitté le pays […] Et nous n’avons pas réussi à sauver la ville Alors, elle porte un regard sur elle-même sans complaisance. Elle voudrait tant transformer le monde, mais elle n’y parvient pas : Tu appartiens à la première génération À avoir été à la fac Et tu n’as pas pu trouver un travail honnête
Toutes ces ruptures pourtant ne la rendent pas amère même si quelque chose semble fêlé dans son expérience du monde : Mes parents sont jeunes Ils croient aux lendemains Je les regarde bouche bée Et j’avale toute cette eau de rose Et malgré cela, la vitalité l’emporte, il y a une énergie qui l’habite et traverse sa poésie et qu’elle ne lâche pour rien au monde : Crache sur les menteurs qui te disent Que seule la souffrance est noble La joie est plus grande Avec cette énergie sa poésie devient à la fois onirique et concrète. Par moment, des images-symboles apparaissent et sont rattrapés par cet extrême quotidien où l’émerveillement, face à la nature notamment, côtoie la brutalité des hommes : Et que j’ai vu une jeune hirondelle Tombée du ciel Morte Sur un toit en contrebas Des fleurs fleurissaient Des œillets Et le ciel était parfaitement bleu […] Et j’ai vu mon premier amour En bas sur le pavé Attraper par le cou Sa jeune femme Et la trainer dans la rue […] Quelqu’un a tiré une rafale dans notre maison Quelqu’un a coupé notre bougainvillier Quelqu’un a pété l’arcade de mon père au poing américain […] Je suis cette petite fille pour toujours C’est sans doute cet étrange hybride qui l’autorise à encore désirer les hommes : Sous mes côtes, j’ai tâté l’amour Une balle brulante dans la cartouche du cœur Ce que tu entends, ce sont mes rafales Qui tuent nuit après nuit Et au-delà de l’amour des hommes, c’est l’amour de son fils, du soleil, des animaux et des plantes qui la portent avec une étonnante tendresse : Les racines d’une poussiéreuse plante des rues S’enfoncent dans l’asphalte à la recherche d’eau À l’intérieur glougloute un doux arc-en-ciel Hiver dans le radiateur Tout ce qui passe s’arrête un instant Que le monde change en photographie Sans perspective claire mais bien réelle […] Pour finir, me voilà moi aussi Qui change l’air en lait Sans truc de magicien Sous la goutte de sang du téton L’enfant réclame une gorgée plus grasse En tant que lecteur, on s’interroge sur l’origine de cette ténacité. Qu’est-ce qui lui donne la force de toujours se lever, recommencer à aimer. Au détour d’un poème, on découvre une métaphore qui dit mieux, peut être ce qui la porte : Il y a dans ton cœur Un tigre en cage Sors, beau tigre Sous la fenêtre Hurle la forêt vierge À la fin, il lui reste une dernière chose à affirmer et c’est peut-être la plus importante de ce recueil : N’aie pas peur
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Sauvagement, bien à toi, d'Olja Savicevic (traduction Chloé Billon) Paru aux éditions des Midis poésie en septembre 2025. Plus d'infos et commande du livre via ce lien.
Pierre Vandenheede est poète et philosophe. Ses recherches alternent et tissent l’art, la réflexion théorique et l’engagement écologique. Tantôt il explore le corps, le rythme et l’oralité, tantôt il oscille entre philosophie et théorie de l’esprit, tantôt il accompagne les collectifs dans la mise en œuvre du développement durable. En novembre 2025, il a publié son premier recueil, Fragments liquides, dans la collection Ethnopoétik des éditions Academia. se situe au croisement de ces trois dynamiques. Miroir parfois acerbe, souvent ludique de la société contemporaine, Fragments liquides est un projet poétique. Le recueil entrelace des images et des paroles glanées dans les gares et les trains, des commentaires de La vie liquide de Zygmunt Bauman et des slogans publicitaires désinhibés d’un monde où tout se vend.
Poetik Bazar revient les 19, 20 et 21 septembre 2025 pour une cinquième édition aux Halles de Schaerbeek.